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Le temps de passer à l’action pour prévenir et contrôler les MNT est venu

En préparation de la Réunion de haut niveau sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT) en septembre, l'ONU a organisé une réunion interactive de la société civile afin d'offrir la possibilité aux acteurs mondiaux de faire des suggestions et de partager les priorités alors que les négociations sont toujours en cours autour de la proposition de document pour l'élaboration d'une déclaration politique.



UN interactive civil society hearing

En préparation de la Réunion de haut niveau sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT) prévue le 27 septembre 2018, l’ONU a organisé une réunion interactive de la société civile le 5 juillet 2018 afin d’offrir la possibilité aux acteurs mondiaux de faire des suggestions et de partager les priorités alors que les négociations sont toujours en cours autour du « projet zéro » – la proposition de document réunissant les différents éléments pour l’élaboration d’une déclaration politique. Le Président de l’Assemblée générale, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé, a présidé la réunion avec la participation de hauts représentants des États membres, des observateurs de l’Assemblée générale, des parlementaires, des représentants des autorités publiques locales, les entités concernées des Nations Unies, des organisations non gouvernementales ayant voix consultative au sein du Conseil économique et social, des organisations invitées de la société civile, des associations philanthropiques, des universités, des associations médicales, le secteur privé et des communautés plus larges.

La Commission indépendante de haut niveau de l’OMS sur les MNT donne la priorité aux MNT (diabète, maladies cardiovasculaires, cancers et maladies respiratoires) et à leurs facteurs de risque (alimentation non saine, inactivité physique, tabagisme et abus d’alcool), ainsi qu’à la santé mentale et à la pollution atmosphérique en tant que facteur de risque de MNT.

La Fédération internationale du diabète, qui était présente lors de la réunion, appelle les dirigeants et les ministres de la santé des 193 pays membres des Nations Unies à atténuer le fardeau du diabète et de ses facteurs de risque, notamment les régimes alimentaires non sains et l’inactivité physique. Lisez la déclaration officielle de la FID.

Miroslav Lajčák, Président de l’Assemblée générale de l’ONU, a ouvert la réunion interactive et réclamé davantage d’efforts pour contrôler les MNT. « Nous sommes loin des échéances de 2030. Pour la première fois de l’histoire, les MNT tuent davantage de personnes que les maladies infectieuses », a-t-il déclaré. « Les MNT sont aujourd’hui responsables de deux tiers de tous les décès à travers le monde. » Les premiers intervenants incluaient le Dr Svetlana Axelrod, Directeur général adjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les MNT et la santé mentale ; le Dr Sania Nishtar, Co-présidente de la Commission indépendante de haut niveau de l’OMS sur les MNT, et James Chau, Ambassadeur itinérant de l’OMS pour les ODD et la santé qui, dans un appel fervent pour une sensibilisation plus grande, a demandé : « Ne sommes-nous pas tous trop polis ? L’ODD 3.4 est un citoyen, un client et un consommateur. Il est chacun de nous. La santé est un aspect fondamental des droits de l’homme. Les MNT sont ancrées dans l’inégalité. » Sur la question de l’abordabilité du traitement, James Chau a demandé à l’assemblée : « Pourquoi l’insuline n’est-elle pas accessible ou abordable ? Pourquoi ne pouvons-nous pas aider les 400 millions de personnes et plus atteintes de diabète ? ».

Ces dernières années, la sensibilisation à la crise des MNT s’est intensifiée grâce aux appels à l’action de l’ONU et de l’OMS lors de plusieurs forums internationaux. La réunion de haut niveau de l’ONU sur les MNT de 2011 a débouché sur une Déclaration politique, dans laquelle plusieurs engagements ont été pris en faveur de la prévention et de la gestion des MNT par les pays et des agences multilatérales et de donateurs. Les États membres de l’OMS ont convenu d’une réduction de 25 % de la mortalité prématurée due aux MNT d’ici 2025. En 2014, les États membres ont adopté un document final de l’Assemblée générale de l’ONU, qui contenait quatre engagements limités dans le temps s’appuyant sur 10 indicateurs de progrès à mettre en œuvre en 2016-2017. Malheureusement, les progrès sur la voie de la réalisation des engagements ont été décevants, 83 pays n’ayant fait que des progrès très limités, voire aucun. En 2015, les pays ont approuvé l’ODD cible 3 – « permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous » avec un objectif spécifique pour les MNT : une réduction d’un tiers de la mortalité prématurée due aux MNT d’ici 2060 grâce à la prévention et au traitement des MNT et à la promotion de la santé mentale et du bien-être (ODD 3.4). L’ODD cible 3b demande d’appuyer la recherche et la mise au point de vaccins et de médicaments contre les maladies, transmissibles ou non, qui touchent principalement les habitants des pays en développement, et de donner accès, à un coût abordable, à ces médicaments et vaccins. Les pays se sont par ailleurs engagés à agir sur l’alimentation et les régimes non sains, notamment au travers d’actions visant à réduire la consommation de sucres, de sodium et de matières grasses. En résumé, la Commission indépendante de haut niveau sur les MNT reconnaît dans une large mesure qu’à moins d’un changement notable d’approche et d’une intensification des actions, l’ODD 3.4 ne sera pas atteint, ce qui affectera la santé des générations futures. Les obstacles à de nombreuses interventions éprouvées pour les MNT sont notamment : l’absence de volonté politique, d’engagement, de capacité et d’action ; l’absence de politiques et de plans pour les MNT ; et l’impact des facteurs économiques, commerciaux et de marché.

Ne sommes-nous pas tous trop polis ? La santé est un aspect fondamental des droits de l'homme. Les MNT sont ancrées dans l'inégalité. (James Chau, Ambassadeur itinérant de l'OMS pour les ODD et la santé)

Le Dr Chamari Warnapura, Directrice médicale adjointe du Centre national du diabète pour l’Association du diabète du Sri Lanka, était une oratrice invitée sur le thème de la prévention et du contrôle du diabète. Le Dr Warnapura a souligné la nécessité d’introduire des « meilleurs achats » pour le diabète d’ici 2020. Les « meilleurs achats » couvrent six domaines politiques : le tabagisme, l’abus d’alcool, l’alimentation non saine, l’inactivité physique, la gestion des maladies cardiovasculaires et du diabète et la gestion du cancer. Elle a déclaré dans son discours : « En matière de « meilleurs achats », nous devons envisager de nous concentrer sur la prévention primaire car c’est la manière la plus efficace de réduire le fardeau du diabète au niveau mondial. Cela comprend des interventions pour réduire l’alimentation non saine afin de surmonter l’obésité à tous âges, en particulier à l’enfance, accroître l’activité physique face aux modes de vie sédentaires actuels, et réduire le stress, le tabagisme et l’abus d’alcool, qui sont autant de facteurs de risque majeurs de diabète et d’autres MNT. » Le Dr Warnapura, d’autres orateurs invités et les parties prenantes ont notamment mis l’accent sur une intervention essentielle : taxer les boissons sucrées. « L’absence de taxe sur le sucre constitue un inconvénient majeur. Les décès imputables au diabète égalent ceux dus au tabac, comme indiqué par la campagne de sensibilisation de DASL #1every6seconds, qui a servi de base au cadre d’action de la FID contre le sucre en mai 2016. » Une taxe sur les boissons sucrées est déjà appliquée au Sri Lanka.

Le Dr Warnapura a également mis l’accent sur la prévention secondaire, la nécessité d’une détection précoce, les stratégies de prévention des complications du diabète et la gestion du stress. « L’accessibilité, l’abordabilité et la disponibilité de médicaments essentiels et de soins de qualité doivent reposer sur les meilleures pratiques formulées sur la base de recherches fondées sur des données probantes », a-t-elle expliqué.

La dernière session de la journée a été consacrée au leadership et à la responsabilité politiques et a mis l’accent sur la nécessité d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques nationales en matière de MNT pour atteindre l’objectif 3.4 d’ici 2030. Un des intervenants de la table ronde, le Dr Llona Kickbusch, Directeur de l’Institut mondial de santé, a déclaré : « La santé est un choix politique. Le projet zéro actuel n’exprime pas suffisamment la volonté de faire preuve d’ambition. Il ne contient aucune référence aux pressions et aux conflits du monde réel, alors que nous traitons avec les industries les plus importantes et les plus influentes de la planète, qui mettent la pression sur les responsables politiques et les gouvernements. Ils représentent une partie des gains des investisseurs et une partie des produits non sains absorbés par notre organisme. Nous avons besoin d’une déclaration forte ! »

 

Elizabeth Snouffer est rédactrice de Diabetes Voice


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