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Faire face à un diagnostic de diabète

Ian Castle a vu son diabète de type 1 diagnostiqué à l'âge de 51 ans. Aujourd'hui membre du réseau Blue Circle Voices de la FID, il admet avoir parcouru un long chemin tant sur le plan de la compréhension de la condition que de sa nouvelle vie avec le diabète.


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Start new life

C’est en 2016, à l’âge de 51 ans, que le diabète de type 1 de Ian Castle a été diagnostiqué. Aujourd’hui membre du réseau Blue Circle Voices de la FID, il admet avoir parcouru un long chemin tant sur le plan de la compréhension de la condition que de sa nouvelle vie avec le diabète. Une attitude positive et un style de vie sain sont essentiels pour Ian, qui aspire à avoir une longue vie en bonne santé. Il souhaiterait également aider d’autres personnes à arriver à un tel résultat. Faire face à un diagnostic de diabète est difficile, mais présente des avantages en cas de succès.

Avant le diagnostic

À une époque, je n’aurais jamais cru que le diabète puisse être diagnostiqué chez moi car je croyais qu’il touchait uniquement les personnes qui ne prennent pas soin de leur santé ou qui ont des problèmes de poids, ont une mauvaise alimentation et ne font pas de sport. Je n’étais pas comme « eux ». L’activité physique et une alimentation saine ont toujours joué un rôle important dans ma vie. Moi, développer le diabète ? Impossible. Aujourd’hui, je comprends à quel point cette vision étriquée et préconçue du diabète sous toutes ses formes relevait de l’ignorance la plus totale. Je plaide coupable et je m’en excuse.

Diagnostic

En 2016, je me suis rendu compte que je perdais du poids. Je fréquentais assidûment la salle de sport et je me sentais physiquement en pleine forme. Mais un jour, les choses ont changé brutalement. J’ai commencé à m’inquiéter. Mon poids a subitement commencé à diminuer à un rythme accéléré. Je mangeais comme quatre, mais mon corps fondait à vue d’œil. Qu’est-ce qu’il m’arrivait ? Au bout de quelques jours, je pouvais voir mes côtes. J’avais le teint gris. Mes yeux s’enfonçaient dans leurs orbites. J’ai finalement décidé de consulter mon médecin.

Mon médecin a effectué un test de glycémie. Elle m’a expliqué qu’une glycémie normale se situait entre 4-6 mmol/l (72-108 mg/dl) et que la mienne était de 29,9 mmol/l (540 mg/dl) ! Elle m’a enjoint de me rendre immédiatement à l’hôpital en taxi ou en ambulance. Elle m’a expliqué que je risquais de tomber dans le coma. J’ai pris la direction de l’hôpital au plus vite. À mon arrivée, les médecins m’ont expliqué qu’ils allaient m’injecter une insuline puissante par voie intraveineuse dans les deux bras. Je me suis réveillé trois jours plus tard. Le médecin-chef est venu me voir et m’a donné des nouvelles avec une franchise brutale.

« Vous avez une chance incroyable. Si vous n’étiez pas allé chez votre médecin, vous n’auriez pas survécu au-delà de 48 heures. Vous souffrez d’une acidocétose diabétique (ACD). Cela signifie que votre pancréas a cessé de produire de l’insuline et que, pour survivre, votre cerveau a demandé à votre organisme de puiser l’énergie dont il a besoin dans vos muscles et vos réserves de graisse. En gros, votre organisme s’est mangé lui-même pour vous maintenir en vie. Mais la décomposition de la graisse et des muscles crée des toxines appelées cétones dans le sang qui, au final vous tuent. »

Il a poursuivi : « Vous souffrez d’un diabète de type 1 et devrez vous injecter de l’insuline quatre fois par jour pour le restant de votre vie. » C’est ainsi qu’a débuté ma « nouvelle » vie.

Deux facteurs sont essentiels pour mener la vie la plus longue et la plus saine possible avec le diabète : contrôler son poids et éviter le stress

Prendre le contrôle

Aujourd’hui, plus de trente mois après le diagnostic, repenser à tout le chemin que j’ai parcouru m’aide beaucoup. Le diagnostic a été un terrible choc pour moi, même si j’étais soulagé qu’il ne s’agisse pas d’une maladie mortelle comme le cancer. Mais même ainsi, je suis passé par une phase de deuil suite à la perte de mon état de santé parfait. Je suis passé par quatre étapes de deuil (le déni, la colère, la dépression et l’acceptation) avant d’émerger.

Il y aurait beaucoup à dire au sujet de mon deuil, mais je serai bref et dirai simplement que les phases de déni et d’acceptation ont duré beaucoup plus longtemps que la colère et la dépression. J’estime que c’est très positif. Faire face au diagnostic de mon diabète n’a pas été facile. Je savais que je devrais modifier mon style de vie. Dans mon cas, il s’agissait davantage d’« adaptations » que de bouleversements majeurs. J’étais néanmoins déterminé à apporter les changements nécessaires et à adopter une attitude « positive » à l’égard du diabète de type 1. J’attendais avec impatience mes rendez-vous médicaux. En bref, j’ai eu et j’ai toujours la chance d’être suivi de près par des professionnels qui se préoccupent réellement de ma santé et veulent me voir mener la vie la plus longue et la plus saine possible. Toutes les personnes atteintes de diabète de type 1 n’ont pas ce privilège. J’ai beaucoup de chance !

Deux facteurs sont essentiels pour mener la vie la plus longue et la plus saine possible avec le diabète : contrôler son poids et éviter le stress. Je ne les perds jamais de vue et je m’emploie quotidiennement à les respecter. Le contrôle de l’apport de glucides est essentiel pour réduire et contrôler le taux de glycémie. Dans la mesure où ce sont les rations journalières de pommes de terre, de pain et de riz qui contiennent le plus de glucides, je me suis efforcé de contrôler ma consommation de ces aliments. Pour ce qui est de l’alcool, j’ai appris à considérer la bière comme du « pain liquide » et l’ai remplacée par un verre occasionnel de vin rouge. Les exercices et les activités physiques qui me permettent de me détendre ont pris encore plus d’importance qu’avant mon diagnostic. J’ai continué à m’intéresser aux massages thérapeutiques, tant en qualité de bénéficiaire que de pourvoyeur de ces soins. Les massages thérapeutiques font des miracles en termes de réduction du stress et d’accélération de la guérison après une blessure physique ou des douleurs. Je les recommande à toutes les personnes que je croise. Mon programme d’entraînement physique est également intense et se déroule sur six jours, suivis d’un jour de repos. J’adore. Le conseil que j’adresserais à toute personne récemment diagnostiquée est de trouver une activité physique qu’elle apprécie et d’en faire une passion. Cela contribuera dans une large mesure à la maintenir en bonne santé, tant sur le physique qu’émotionnel. L’activité physique peut vous aider à prendre un nouveau départ dans la vie, en vous permettant d’introduire des changements positifs.

Mon expérience depuis le diagnostic s’est révélée très positive. Je suis toutefois conscient que dans bien trop de pays à travers le monde, les expériences sont beaucoup plus négatives et que le diagnostic, pour peu qu’il soit établi, peut rapidement conduire à la maladie et, au bout du compte, à la mort. En effet, dans bien des endroits, les patients n’ont pas accès à l’insuline, que ce soit physiquement ou financièrement, comme c’est le cas en Europe. C’est un scandale. Sans insuline, nous mourrons. Cela ne devrait pas arriver.

Dès lors, comment faire pour aider les autres ? Comment mettre en place de « bonnes pratiques » au niveau mondial et tirer des enseignements des différentes expériences et initiatives internationales ? Comment faire pour donner les moyens aux associations du diabète du monde entier ? Comment faire pour que les responsables politiques fassent de la lutte contre le diabète dans le monde une priorité ? Comment faire pour mettre en place une approche générale et partager les informations au-delà des frontières et à travers toutes les régions ? Tels sont les problèmes que je souhaiterais contribuer à résoudre — afin d’améliorer la qualité de vie de toutes les personnes atteintes de diabète.

 

Ian Castle est spécialiste international en gestion et en développement du secteur de la santé et vit actuellement dans le Hertfordshire, au Royaume-Uni.


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