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D’après le consortium de professionnels mondiaux de la santé derrière la récente publication “Diabetes in humanitarian crises: the Boston Declaration” (Le diabète dans les crises humanitaires : la Déclaration de Boston), l’épidémie de diabète constitue un échec sanitaire mondial majeur.

La plupart des cas de diabète de type 2 peuvent être évités moyennant des modifications du style de vie. Des traitements salvateurs existent pour le diabète de type 1 et de type 2, même si l’accès est problématique. Sans insulinothérapie, le diabète de type 1 est mortel, mais lorsque ces décès sont dus à des problèmes d’accès, ils doivent être considérés comme une tragédie évitable et totalement absurde. À l’heure d’aujourd’hui, des millions de personnes n’ont pas accès à des soins ou à un traitement, des millions de gens ignorent qu’ils souffrent diabète de type 2 et des millions d’individus continuent de mourir plus tôt qu’ils n’auraient dû s’ils avaient reçu des informations et des soins adéquats.

Il est plus que jamais nécessaire de mettre un terme à l’absence de soins pour le diabète et d’autres MNT dans les environnements humanitaires, déclarent les signataires de la Déclaration de Boston.

Pour pallier ces lacunes, l’Université de Harvard a convoqué une réunion à Boston (avril 2019) afin de discuter des besoins immédiats et des obstacles à la lutte contre le diabète lors de crises humanitaires, ainsi que d’adopter un programme unifié, basé sur l’action, pour répondre à ce problème sanitaire mondial pressant. Ce programme et cette mission constituent la Déclaration de Boston.

Les violations des droits de l'homme des personnes atteintes de diabète dont nous avons été les témoins, y compris le droit fondamental à la vie, qui est menacé par des obstacles à l'accès à l'insuline et à un suivi médical, sont inacceptables et incompatibles avec ces principes. - Déclaration de Boston

Sylvia Kehlenbrink, MD, Directrice du département d’endocrinologie générale au sein du Brigham and Women’s Hospital et Directrice du programme Non-Communicable Diseases in Conflict Program de la Harvard Humanitarian Initiative, préside le groupe. « À présent que la Déclaration a été publiée, je suis en train d’organiser le groupe et de le structurer afin qu’il puisse aller de l’avant. Nous avons créé des thématiques de travail autour des quatre objectifs de la Déclaration de Boston : [1] Sensibilisation, [2] Accès aux médicaments et au diagnostic, [3] Conseils cliniques et opérationnels et [4] Données et surveillance », explique-t-elle, en ajoutant : « Plusieurs projets sont déjà en cours, comme l’élaboration d’une déclaration de haut niveau sur le besoin urgent d’un accès universel à l’insuline, des conseils cliniques pour l’utilisation de l’insuline et le développement d’indicateurs pour surveiller les soins du diabète dans des contextes humanitaires. ».

Les maladies non transmissibles (MNT) ont été la cause de près de trois décès sur quatre dans le monde en 2017. Les personnes atteintes de MNT comme le diabète sont particulièrement lésées. Environ 68,5 millions de personnes sont déplacées dans le monde, principalement dans des pays à faible ou à moyen revenu. Plus de 100 millions de personnes affectées par des conflits mais non déplacées et 175 millions d’individus victimes de catastrophes naturelles sont vulnérables chaque année. Les personnes atteintes de diabète ou à risque sont particulièrement vulnérables en temps de crise en raison de la perturbation des services de santé et de l’approvisionnement alimentaire imprévisible — et souvent non sain —, qui ne font qu’exacerber le diabète et conduire à des complications.

Extrait de la Déclaration de Boston :

“ Nous avons choisi de cibler les efforts sur le diabète dans les crises humanitaires pour plusieurs raisons:

Tout d’abord, parce que les personnes atteintes de diabète de type 1 qui n’ont pas accès à de l’insuline et à des soins continus en période de crise sont exposées à un risque aigu de décès. Les principes de la Charte humanitaire et de la Déclaration universelle des droits de l’homme incluent le droit de vivre dans la dignité. Les violations des droits de l’homme des personnes atteintes de diabète dont nous avons été les témoins, y compris le droit fondamental à la vie, qui est menacé par des obstacles à l’accès à l’insuline et à un suivi médical, sont inacceptables et incompatibles avec ces principes.

Deuxièmement, la gestion du diabète nécessite un approvisionnement ininterrompu en médicaments essentiels, des diagnostics de laboratoire sur le terrain, une continuité des soins, l’adoption de styles de vie sains, la réduction du risque cardiovasculaire, la gestion des comorbidités, notamment la dépression et l’hypertension, et la prévention secondaire des complications.

La gestion du diabète nécessite donc une infrastructure sanitaire plus complexe que la plupart des autres MNT, tout en partageant bon nombre des caractéristiques et des facteurs de risque de celles-ci. Dès lors, la mise sur pied d’un programme efficace pour le diabète pourrait contribuer à la mise en place d’une plateforme solide pour la fourniture de soins de haute qualité pour d’autres MNT.”

Le groupe s’est fixé quatre objectifs principaux pour les trois prochaines années, ainsi que détaillés ci-dessus par le Dr Kehlenbrink. Des réunions annuelles seront organisées pour surveiller les progrès. Le prochain symposium se tiendra en juin 2020 à Londres et sera accueilli par la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Pour plus d’informations, consultez la Déclaration de Boston “Declaración de Boston » dans Lancet Diabetes and Endocrinology.

La liste des signataires est disponible ici.

 

Elizabeth Snouffer est rédactrice de Diabetes Voice


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