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Heather Koga (deuxième à partir de la droite) avec les organisateurs et les participants du programme de master à Paris, en France.

Un programme de master intitulé « Travailler avec et pour les patients » a été organisé et j’ai été invitée en mars dernier par Servier à y prendre part en ma qualité de membre du réseau Blue Circle Voices de la FID. Notre première tâche du matin avait pour but d’alimenter un programme à venir de sensibilisation au diabète, qui avait besoin des contributions de personnes atteintes diabète de type 2. La deuxième consistait pour les participants (pour la plupart atteints de diabète) à interagir avec quelque 50 diabétologues et endocrinologues issus du monde entier. Le but était de partager les défis et les expériences liés à la communication entre médecins et patients. L’objectif ? Améliorer les relations entre les prestataires de soins et les personnes atteintes de diabète. Les médecins ont notamment admis se sentir en burn-out face à leur immense charge de travail, tandis que les personnes atteintes de diabète ont expliqué avoir le sentiment de ne pas être entendues et d’être jugées.

L’amélioration de la communication entre patriciens et patients est devenue une priorité des systèmes de soins de santé modernes en raison de sa capacité à améliorer les résultats cliniques du diabète. De précédentes études laissent également entendre que les médecins qui obtiennent les notes les plus élevées en matière d’empathie et de compassion dans leur communication avec les patients sont ceux qui enregistrent les meilleurs résultats en termes de traitement.

Les médecins et les personnes atteintes de diabète ont été invités à exprimer leurs préoccupations concernant les obstacles à la communication qui affectent la relation médecin-patient et, au final, les résultats du traitement.

Constats
  • Les personnes atteintes de diabète ont essentiellement mis en avant la nécessité pour les médecins de leur accorder toute leur attention, de les impliquer dans les décisions concernant leur traitement et de partager des informations essentielles pour l’autogestion.
  • Les personnes atteintes de diabète se sont plaintes que les médecins avaient tendance à porter des jugements et ne faisaient pas grand-chose pour les motiver.
  • Les médecins se sont plaints que les personnes atteintes de diabète sont souvent incapables de donner la priorité à leur santé aux dépens de leur travail ou de leurs relations, manquent de motivation et éprouvent souvent des difficultés à suivre les instructions, notamment en matière d’alimentation, de médicaments et de style de vie.
  • Les médecins ont fait état de niveaux élevés de détresse et de burn-out au sein de leur profession, qui mettent en péril leur capacité à accorder le temps et l’attention nécessaires à leurs patients.

Les médecins ont notamment admis se sentir en burn-out face à leur immense charge de travail, tandis que les personnes atteintes de diabète ont expliqué avoir le sentiment de ne pas être entendues et d'être jugées.

Solutions possibles
  • Pour améliorer la communication avec les personnes atteintes de diabète, les médecins se sont engagés à pratiquer l’écoute active, à poser des questions ouvertes, à demander le point de vue du patient, à reconnaître les progrès faits par les patients et à leur fournir des informations sur leur condition, entre autres méthodes centrées sur le patient.
  • Les personnes atteintes de diabète ont convenu de prendre des notes lors des consultations et de fournir des informations aussi honnêtes que possible aux médecins, dans toutes leurs interactions. Elles se sont également engagées à suivre les instructions et à respecter les recommandations en matière de médicaments et d’alimentation. Il a été proposé que les personnes atteintes de diabète puissent, si elles le souhaitent, enregistrer les consultations avec les médecins en vue de les réécouter ultérieurement.

Dans la mesure où il permettait aux personnes atteintes de diabète de faire entendre leur voix et prenait en considération les expériences, les réflexions et les recommandations de tous, le programme était unique en son genre et a remporté un franc succès. La mise sur pied d’un programme médecins-patients constitue un engagement fort de la part des professionnels. Les médecins participants étaient désireux d’impliquer à l’avenir les personnes atteintes de diabète qu’ils reçoivent dans leur cabinet.

En tant que personne atteinte de diabète de type 2 et membre du réseau Blue Circle Voices, participer à ce forum a été une expérience enrichissante car j’ai pu exprimer mon point de vue de ce qu’est la vie avec la condition au quotidien. Les enseignements tirés de cette conférence me seront profitables en tant qu’individu, mais aussi pour les communautés avec lesquelles je travaille dans le cadre de la lutte contre le diabète. J’espère que les personnes atteintes de diabète se verront offrir davantage d’opportunités de s’exprimer lors de plateformes importantes de ce type à l’avenir.

Le cours de master sur le diabète a été organisé par Servier International et s’est tenu à Paris, en France.

 

Heather Koga vit avec le diabète de type 2 depuis 2013 et est originaire du Zimbabwe.


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