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Nombreux sont ceux qui souffrent d’une MCV sans le savoir

Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont la principale cause de décès des personnes atteintes de diabète de type 2. Pourtant, bon nombre de celles-ci n'ont pas conscience de leur risque.


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Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont la principale cause de décès des personnes atteintes de diabète de type 2 (DT2). Pourtant, bon nombre de celles-ci n’ont pas conscience de leur condition et, plus alarmant encore, ne savent même pas qu’elles en souffrent.

On le sait : les personnes atteintes de DT2 présentent un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires et les complications cliniques associées, telles qu’une artériopathie périphérique, un accident vasculaire cérébral ou une crise cardiaque. Compte tenu du lien étroit entre le diabète et les MCV, il est essentiel d’évaluer le degré de connaissance et de sensibilisation aux MCV des personnes atteintes de DT2, car cela peut contribuer à réduire la morbidité et la mortalité associées aux MCV chez les personnes souffrant de diabète.

Pour déterminer le niveau de connaissance et de sensibilisation aux MCV dans le monde, la Fédération internationale du diabète (FID) a mis sur pied l’étude Taking Diabetes to Heart (TD2H) en 2017, en collaboration avec Novo Nordisk.

Cette étude, qui consistait en une enquête en ligne, a été réalisée entre septembre 2017 et mai 2018.  12 695 personnes atteintes de DT2 dans plus de 130 pays y ont répondu. Les résultats montrent qu’environ 10 % des répondants ne connaissaient pas les MCV et les facteurs de risque associés. De manière surprenante, environ un tiers des participants estimaient n’avoir qu’un faible risque de MCV, voire aucun, tandis que la plupart ont indiqué présenter au moins un facteur de risque de MCV et avoir connu un ou plusieurs événements de MCV.

Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont la principale cause de décès des personnes atteintes de diabète de type 2 (DT2). Pourtant, bon nombre de celles-ci n'ont pas conscience de leur condition et, plus alarmant encore, ne savent même pas qu'elles en souffrent.

De nombreux répondants ont indiqué se tourner vers leurs prestataires de soins et les cliniques du diabète pour obtenir des informations sur les MCV, et la plupart d’entre eux étaient satisfaits de la qualité des informations reçues. Cependant, un répondant sur six (17 %) a déclaré n’avoir jamais discuté du DT2 et des MCV avec ses prestataires de soins. Et parmi ceux qui avaient eu une telle conversation, seul un petit pourcentage l’avait eue « au moment de » ou « peu après » le diagnostic du DT2 (25 % et 13 %, respectivement).

Par ailleurs, les répondants ont indiqué avoir besoin d’informations sur l’autogestion du diabète et l’importance de l’alimentation et de l’activité physique pour prévenir les MCV, ainsi que des informations générales sur les signes et les symptômes des MCV pour mieux comprendre le lien entre celles-ci et le DT2. Les conclusions soulignent le rôle important des prestataires de soins en termes de connaissance des MCV par les personnes atteintes de DT2, ainsi que la nécessité de mettre en place des stratégies d’éducation pour renforcer ces connaissances.

En traduisant ces conclusions dans la pratique, le but de la FID est d’informer les décideurs et les prestataires de soins quant au degré de connaissance/sensibilisation aux MCV des personnes atteintes de DT2 et de formuler des recommandations/directives fondées sur des données probantes afin d’améliorer la qualité des soins et, partant, la qualité de vie de cette population.

Un rapport succinct contenant des résultats régionaux et nationaux de l’étude Taking Diabetes to Heart sera publié en décembre 2018.

 

Pouya Saeedi est analyste de données et coordinatrice au sein de la Fédération internationale du diabète.

Vivre avec le diabète et des MCV

Entretien avec Stela Prgomelja

Si les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires (MCV) sont clairement établis chez les personnes atteintes de diabète de type 2, ces maladies sont en revanche la cause la plus courante de décès prématurés et d’handicaps chez les patients atteints de diabète de type 11. Malgré le fait que de nombreux facteurs de risque traditionnels des MCV s’appliquent au diabète de type 1, l’hyperglycémie demeure un facteur important, juste derrière l’âge, tout comme la pression artérielle, les triglycérides et, plus important encore, la néphropathie diabétique2. 

La FID a discuté avec Stela Prgomelja, Vice-présidente de l’Association serbe du diabète et membre du réseau Blue Circle Voices de la FID, de la manière dont elle gère son style de vie avec le diabète et une pression artérielle élevée, de ses interactions avec les professionnels de la santé et des principaux conseils qu’elle donnerait aux autres.

Que pouvez-vous nous dire à votre propos ? Quand et comment avez-vous découvert que vous avez le diabète et, par la suite, une pression artérielle élevée ?

J’étais encore une enfant lorsque mes parents ont constaté que j’avais en permanence soif et faim et que j’urinais beaucoup. J’avais cinq ans quand les médecins ont diagnostiqué mon diabète de type 1.

Lors d’un des contrôles de routine, il est apparu que j’avais une tension artérielle élevée. J’avais 27 ans. Depuis lors, je gère ma pression artérielle et mon diabète.

Avez-vous eu des discussions avec les professionnels de la santé à propos des risques cardiovasculaires ?

J’ai parlé avec tous mes prestataires de soins. Ils ont tous souligné les avantages d’une pression artérielle normale et les conséquences possibles en cas de non-traitement. Je suis on ne peut plus consciente des complications que peuvent engendrer une pression artérielle et une glycémie élevées, telles qu’un accident vasculaire cérébral, une crise cardiaque ou la cécité.

Nous formons une équipe. En tant que patient, vous devez recevoir une éducation concernant votre condition. En tant que prestataire de soins, vous devez expliquer tous les aspects de la condition d'une personne et offrir le meilleur traitement disponible à ce moment-là pour cette personne.

Y a-t-il quelque chose que vous auriez aimé que l’on vous conseille plus tôt ?

J’aurais aimé être mieux informée de l’impact négatif de l’ajout de sel dans mes aliments. Le sel peut réellement avoir un impact négatif sur la pression artérielle.

Vers qui vous êtes-vous tournée pour obtenir de l’aide ? Qui a été votre meilleur conseiller ?

Mes meilleurs conseillers ont été mon cardiologue et mon néphrologue. Ils avaient tous deux très envie de traiter ma condition du mieux possible. Il arrivait parfois, quoique rarement, que leurs avis divergent. Dans ce cas, je demandais plus d’informations afin de pouvoir prendre la meilleure décision pour moi.

Quelle est votre stratégie en matière de style de vie pour gérer votre pression artérielle et votre diabète ?

L’alimentation est l’un des principaux aspects d’une bonne autogestion, tant pour la pression artérielle que pour la glycémie. J’adore cuisiner des plats savoureux, mais sains. Il est également important de bouger en permanence. Même une marche rapide est bonne pour l’organisme.

Quel est le rôle du prestataire de soins dans la gestion de votre diabète ?

Nous formons une équipe. En tant que patient, vous devez recevoir une éducation concernant votre condition. En tant que prestataire de soins, vous devez expliquer tous les aspects de la condition d’une personne et offrir le meilleur traitement disponible à ce moment-là pour cette personne.

Avez-vous quelques conseils fondamentaux à donner aux personnes atteintes de diabète qui ont une pression artérielle élevée ?

Les chiffres de la glycémie sont aussi importants que ceux de la pression artérielle. Ne l’oubliez jamais !

  • Bougez le plus possible
  • N’ajoutez jamais de sel
  • Buvez beaucoup d’eau
  • Amusez-vous !

 

Stela a créé une chaîne YouTube en anglais et en serbe sur laquelle elle détaille le calcul des glucides d’aliments du quotidien : https://www.youtube.com/user/stela08/

Lucy Hammond est actuellement stagiaire au sein du Bureau Exécutif de la Fédération Internationale du Diabète dans le Département Politiques et Programmes.

Références

  1. Morrish NJ, Wang SL, Stevens LK, et al. Mortality and causes of death in the WHO multinational study of vascular disease in diabetes. Diabetologia 2001; 44:14–21.
  2. The Diabetes Control and Complications Trial/Epidemiology of Diabetes Interventions and Complications (DCCT/EDIC) Research Group. Risk factors for cardiovascular disease in type 1 diabetes. Diabetes 2016; 65(5):1370-9.

 

Pouya Saeedi est analyste de données et coordinatrice au sein de la Fédération internationale du diabète.

 

Stela Prgomelja est Vice-présidente de l'Association serbe du diabète et membre du réseau Blue Circle Voices de la FID


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